Les causes probables des crimes rituels

 

Les crimes à caractère rituel sont l’expression ultime de plusieurs maux dont souffrent les pays africains : défaillance des systèmes éducatifs, la pauvreté et ses corollaires, la corruption et le clientélisme politique qui génère une justice à plusieurs vitesses. Alors, pour lutter efficacement contre ces actes odieux, il est nécessaire de s’attaquer aux causes qui contribuent à leur apparition et leur  persistance en Afrique.

 

Le détournement des croyances africaines : Depuis la nuit des temps l'Homme a toujours cherché à expliquer ce qui lui semble surnaturel à travers des croyances et pratiques occultes où dominent la magie, la mythologie et la superstition. Les africains n'y font pas exception: ils manifestent ainsi leurs croyances et pratiques occultes dans toutes les circonstances de la vie : naissance, mariage, maladie, mort ou guerre, etc... Ainsi la possession des fétiches et autres talismans est devenue une nécessité pour certains qui veulent bénéficier de la clémence ou de la bienveillance des esprits ou des Dieux. L’accession à l'independance de nombreux pays africains s'est accompagné par l’émergence d’une élite africaine qui se livre comme partout dans le monde, une lutte sans merci pour occuper les postes des responsabilités. Cette lutte pour occuper un poste de responsabilité passe pour certains par la possession des fétiches et talismans les plus puissants et même s’ils sont diplômés des grandes universités. Dans cet imaginaire macabre, les meilleurs et plus puisants fétiches et talismans sont ceux fait avec des restes huamains de certains individus. Ces croyances repose essentiellement sur le détournement de certaines rites animistes africains comme le vaudou, le juju, le mutu, le bwiti, le byeri, etc qui font un lien plus ou moins réel entre la possession des restes humains notamment ancestrales  et la puissance mystique d'un individu. Ainsi, le détournement de ces croyances ancestrales africaines mêlé à des pratiques de magie noire, explique selon plusieurs anthropologues les crimes à caractère rituel dans plusieurs pays d'Afrique subsaharienne.

 

La pauvreté et ses corollaires : dans les pays où l’on vit avec moins d’un euro par jour, une somme d’environ 2000€ pour les organes génitaux d’un enfant ou de 75 000€ pour l’ensemble du corps d’un albinos représente une véritable fortune pour les individus sans scrupules. Ainsi du Gabon à la Tanzanie, en passant par la Côte d’Ivoire ou le Congo, les quelques exécutants appréhendés sont souvent des individus en forte précarité sociale  et sous la dépendance des stupéfiants et de l’alcool. Pour exemple, la jeune Catherine Ekovone 4 ans a été assassiné et mutilé à Nkoltang au Gabon le 27 octobre 2013 en promesse d’une somme de 300 000 FCFA à son exécutant soit environ 500 euros pour la vie d’une enfant!

 

Le trafic d’organe: Le mode opératoire de prélèvement et de conservation des organes de certaines victimes des sacrifices humains laissent supposer l’existence d’un trafic d’organe transfrontalier voire-au-delà. Ainsi les organes prélevés sur les cadavres  ne sont pas seulement utilisés et commercialisés localement mais sont également souvent exportés dans les différents pays où il y a une demande, ce qui montre l’existence d’un véritable commerce macabre. Il faut noter également, qu’en précision des échéances électorales ou de l’approche de la nouvelle année (renouvellement des pactes occultes) qui s’accompagne d’une augmentation du prix des organes à cause du redoublement de la vigilance des populations au cours de ces périodes, certains réseaux criminels anticipent la demande en augmentant les assassinats avant ces périodes et conservent les organes prélevés dans des congélateurs. Cela montre que ces crimes sont un système difficile à démanteler parce qu'il s'agit d'une économie florissante et attractive pour des individus sans scrupules.

 

L’impunité des exécutants et commanditaires : les familles des victimes au-delà de la perte d’un être cher, doivent faire face à l’injustice car compte tenu de leur position sociale, les commanditaires sont rarement inquiétés par la justice de leur pays même lorsqu’il existe des aveux et des preuves de leurs implications.  En outre, les exécutants appréhendés gardent souvent le silence par peur d’être éliminé et savent également qu’ils peuvent compter sur l’intervention du commanditaire pour les sortir de là.  L’impunité des responsables de ces crimes est l’une des causes qui explique leur apparition et persistance dans plusieurs pays africains.

 

Les conflits armés : Il est fait état de nombreux cas de sacrifices humains accompagnés souvent  d’actes d’anthropophagie dans les nombreuses zones de guerre en Afrique car certains croient que la possession d’un talisman fait avec des organes humains rend invulnérable en le protégeant des balles et invisible pour l’ennemi.

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